Un petit vélo dans la tête

Un petit vélo dans la tête

Pour eux cest vélo, boulot, dodo. Artisans ou indépendants, ils ont troqué la traditionnelle camionnette pour la bicyclette : ce sont les cyclo-travailleurs. Dans la ville rose, le concept séduit les nouveaux entrepreneurs comme leurs clients.

Lestée de son vélo aménagé, elle glisse sur le pavé. Julia est laveuse de carreaux et cyclo-travailleuse depuis bientôt 2 ans. Devant son garage elle charge de matériel son véhicule de fonction : un vélo biporteur adapté. Entre le guidon et la roue avant, l’engin est équipé d’une caisse en métal léger qui permet à la jeune Julia de ranger ses produits d’entretien. Sur le côté de la malle, elle accroche quelques perches qui lui serviront à atteindre les hauteurs. Si cela ne suffit pas, elle dispose aussi d’une échelle qu’elle fixe sur le dessus de la caisse. Après ce rituel, Julia attache son casque et prend la route en chantonnant. Il fait déjà 18°C dans les rues de Toulouse. Les conditions sont parfaites.

Sur le chemin, Julia se faufile entre les camions de travaux qui encombrent la route et prend les passages réservés aux vélos. A l’arrivée ? « On a mis 10 minutes. En voiture on aurait mis beaucoup plus de temps à cause des bouchons, des travaux et surtout du temps pour trouver un stationnement » assure Julia à peine essoufflée. Son vélo est garé sur le large trottoir de la rue Tolosana, juste devant la vitrine qu’elle doit nettoyer. « Ça m’évite de devoir porter mon matériel » se réjouit la cyclo-travailleuse. C’est pour toutes ces raisons que Julia a choisi le vélo « Je suis un peu éco-responsable aussi, mais c’est principalement parce que c’est super pratique ».

La tête au carreau cyclick

Comme une évidence

Dans la rue, le vélo de Julia attire l’attention. Beaucoup le fixent et certains s’arrêtent même pour observer l’engin quelques secondes. « Vous avez un très joli vélo Madame ! » lance une femme qui passe par là avec son mari. « Et au moins il n’encombre pas ! » ajoute ce dernier. « En général les clients trouvent ça vraiment sympa. C’est un espace publicitaire génial pour nous » assure Tyronne Husseini, cycl’ostéopathe depuis 4 ans. Devant le vélo-cargo de Julia, une Toulousaine, la soixantaine, se laisse séduire. « Je ne connaissais pas du tout, mais c’est très malin ! Je vais essayer, je vais appeler » dit-elle en griffonnant le numéro sur un bout de papier.

Julia velo cyclick

Pour Julia comme pour Tyronne, le vélo s’est imposé comme une évidence. « Pour moi se déplacer en vélo c’est un vrai bonheur » sourit l’ostéopathe.  « En plus du côté écologique, cela me permet de travailler pas trop loin de chez moi. J’interviens plus vite auprès de mes clients et surtout je réduis les frais » Pour la voiture il faut compter le prix d’achat, l’entretien, l’essence, le stationnement ou les éventuels PV. « Avec le vélo, on a pas à réfléchir. A l’achat, ça coûte moins cher. Ça reste en état plus longtemps. Pour se lancer c’est l’idéal » renchérit Julia. A Toulouse, de plus en plus d’entrepreneurs pensent au vélo. « C’est une mouvance qui monte», confirme Tyronne. Avec Arthur Guillerm, son associé, il a lancé la plateforme Cyclick qui fédère et encourage les cyclo-entrepreneurs.

En un an, elle a gagné 18 nouveaux cyclo-travailleurs. Mais tous ne sont pas référencés chez Cyclick. A la maison du vélo de Toulouse aussi « les interventions se font toutes aux guidons de vélos-cargos. Les prestations de représentation aussi » affirme Florent Collin, coordinateur de l’établissement. « A Toulouse on compte environ un nouveau cyclo-entrepreneur tous les mois » commente le fondateur de Cyclick. Son objectif désormais, c’est que « demain, en centre ville de grande ou même petite agglomération, toutes les prestations de service à domicile se fassent en vélo ». Le concept s’est déjà exporté à Nantes, Bordeaux, Strasbourg, Lyon et Laval.

 

Coline Chauffard